Les prix des stations balnéaires ne connaissent pas la crise

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Qui ne rêve pas d’avoir une maison au bord de mer? Mais attention, ce n’est pas donné à tout le monde. C’est ce que relève l’étude annuelle de Meilleurs Agents sur les prix immobiliers des stations balnéaires. Il vous faudra débourser par exemple 5.534 euros/m² à Deauville (Normandie), 7.484 euros/m² à Guéthary (Nouvelle-Aquitaine) ou encore… 14.058 euros/m² pour une résidence à Saint-Jean-Cap-Ferrat (Provence-Alpes-Côte d’Azur).

"La crise sanitaire a forcément renforcé l’envie des Français d’avoir une résidence secondaire, dans les stations balnéaires, dans des régions attractives et agréables", précise Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents. Les stations balnéaires sont des communes qui comportent au moins une plage et qui dépassent un ratio de 20% de résidences secondaires. Mais alors comment les Français choisissent-ils leur station balnéaire? "Ils regardent l’accessibilité par rapport à leur lieu de vie quotidienne, la qualité de vie des villes et le prix", développe le directeur scientifique de Meilleurs Agents. C’est pour cela que la Bretagne et la Normandie, par leur proximité avec la capitale connaissent une attractivité forte. Et ça se ressent dans l’envolée des prix!

La Bretagne, abordable, mais jusqu’à quand?

La Bretagne, et pour la deuxième année consécutive, est le littoral où les prix ont le

plus progressé: +7,2% en un an et + 13,5% en 2 ans. L'immobilier dans la région reste tout de même abordable avec en moyenne 2.996 euros, le mètre carré. Chez ses voisines, les régions Normandie et Hauts-de-France (pris en compte ensemble dans l’étude de Meilleurs agents), les prix du littoral augmentent également: +5,9% en un an. Les villes Le Touquet-Paris-Plage et Deauville, sont les plus coûteuses avec respectivement 6.544 euros/m² et 5.434 euros/m². Mais cette augmentation n’est pas nouvelle: "Les prix des logements dans les stations balnéaires augmentent tous les ans. Depuis 5 ans, le marché des stations balnéaires est très dynamique. Ce qui est nouveau cette année, c’est le contraste entre cette augmentation et celle dans les villes moyennes", explique Thomas Lefebvre. Selon Meilleurs agents, en un an (mars 2020-mars 2021), les prix moyens de l’immobilier en France ont augmenté de 2%.

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Mais est-ce que cela signifie que la Bretagne sera le prochain eldorado des riches? "La Bretagne, c’est familial, on n’y retrouve pas du tout les codes luxueux de la région PACA. Ce sont surtout des Français qui y sont installés par comparaison au sud-est de la France et notamment la côte niçoise, où ce sont plus des Anglais, des Russes ou encore des Italiens qui achètent, décrypte Thomas Lefebvre. Après tout est possible, Lège-Cap-Ferret (Nouvelle-Aquitaine) est passé du village de pêcheurs à la destination prisée. La Bretagne fera peut-être le même parcours, d’ici 30 ans".

Saint-Jean-Cap-Ferrat, ville la plus chère de France

En attendant, c’est bien la Côte d’Azur qui affiche les prix immobiliers les plus élevés, avec en moyenne 5.121 euros, par mètres carrés, et une progression de +3,1% en un an. Au niveau des villes, Saint-Jean-Cap-Ferrat domine le classement avec un prix moyen de 14.058 euros/m² et est la ville la plus chère de France, selon Meilleurs Agents. Elle dépasse même certains tarifs parisiens comme le Marais (IX° arrondissement) qui tourne autour de 13.833 euros, le mètre carré. "Les gens extrêmement riches doivent avoir une maison à Saint-Jean-Cap-Ferrat. C’est entré dans les mœurs du prestige et c’est ce qui explique ces sommes démesurées", précise le directeur scientifique de Meilleurs Agents. Les appartements luxueux, les boutiques branchées, les restaurants chics… Cette ville de la Côte d’Azur n’a effectivement rien à envier à la capitale, pas même ses prix!

Enfin, voisines à celles de la région PACA, les côtes du Languedoc-Roussillon (actuellement l’Occitanie) enregistre la troisième plus grande progression depuis deux ans (+8,8%). Mais cette année, celle-ci est plus minime que l’an passé (+4% sur la période 2020/21 contre +4,8% sur celle de 2019/20). La raison? "Ce ralentissement peut s’expliquer par la crise sanitaire. La principale ville aux alentours est Montpellier, qui n’a pas connu un dynamisme fort, ces dernières années, ralenti en plus par la crise. De plus, le taux de chômage dans la région est assez élevé. [9,4% au premier trimestre 2021, selon l’Insee, NDLR]", décrypte Thomas Lefebvre. Dans le détail, le prix moyen de l’immobilier dans les stations balnéaires du Languedoc-Roussillon est de 3.102 euros/m², avec une dominance de la ville Palavas-les-Flots (4.493 euros/m²).

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"Malgré le ralentissement de la progression cette année en Languedoc-Roussillon, les prix des stations balnéaires ne sont pas près de stagner, ni même de diminuer. Si même la crise sanitaire n’a pas ralenti l’engouement des Français pour les résidences côtières, ce n’est pas près de s’arrêter", conclut Thomas Lefebvre. Alors, si vous avez envie d’une résidence secondaire, foncez! Avant qu'il ne soit trop tard...

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