Société Logement

Leurs secteurs habituels, bureaux, hôtels, commerces, souffrent de l’évolution des usages, accélérée par la crise sanitaire.

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Construction d'un immeuble à Saint Ouen, en Seine Saint Denis, le 11 fevrier 2021. Construction d'un immeuble à Saint Ouen, en Seine Saint Denis, le 11 fevrier 2021.

Les fonds d’investissements commencent à s’intéresser de près à l’immobilier résidentiel à l’heure où bureaux, commerces et hôtellerie, leurs cibles jusqu’ici favorites, perdent leur intérêt financier. Le télétravail freine la demande de bureaux, qui a chuté de 30 % en 2020, le commerce en ligne vide les boutiques, le tourisme urbain est à l’arrêt… Il reste alors les entrepôts, les locaux logistiques, l’immobilier de santé (les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes par exemple) et le logement.

Fin juillet, le numéro un mondial des fonds d’investissement, BlackRock, a annoncé l’achat d’un immeuble en construction de trente-neuf appartements familiaux de standing à Clichy (Hauts-de-Seine), à louer « au prix de marché », autrement dit au prix fort. Cette acquisition de 20 millions d’euros – une tête d’épingle comparée aux 27,3 milliards d’euros d’actifs que la société gère en France – traduit cet intérêt récent.

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Selon la base de données Immostat, ces investisseurs institutionnels (baptisés « zinzins ») ont, en 2020, acquis pour 5,5 milliards d’euros d’actifs d’habitation, incluant des résidences étudiantes ou pour seniors, soit 40 % de plus qu’en 2019.

« Les institutionnels français, assureurs, caisses de retraites ou foncières s’étaient délestés de leurs appartements au début des années 2000, se souvient Stéphane Imowicz, fondateur et directeur d’Ikory, société de conseil spécialisée dans l’immobilier résidentiel, et elles font toutes le chemin inverse aujourd’hui. Cela amène beaucoup de capitaux alors qu’il y a très peu d’offres d’immeubles entiers, à tel point que la vente en bloc se fait quasiment au même prix, à 10 % près, que la vente au détail appartement par appartement. »

Achat par immeubles entiers

Gecina (ex-Simco), par exemple, possédait, en 2007, 17 400 appartements dans 215 immeubles, mais n’en a plus que 5 500, aujourd’hui, sans compter 3 500 chambres pour étudiants. Meka Brunel, patronne de cette société foncière, a, en 2020, dit vouloir « revenir sur le résidentiel » et acquérir 4 000 logements en quatre ans, auprès du promoteur Nexity.

Les américains Invesco et Hines, AEW – qui a lancé, en France, en 2017, son fonds Residys, doté de 600 millions d’euros –, le suédois Akelius ou le canadien Ivanhoé Cambridge (filiale immobilière de la Caisse des dépôts du Québec) se ruent aussi vers le logement, secteur que tous jugeaient, jusqu’ici, trop peu rentable et entravé, en France notamment, d’une encombrante protection des locataires menaçant leurs bénéfices…

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