Les associations inquiètes pour les expulsions des logements de fortune

Il y a 2 semaines 42

Inquiet de la multiplication des expulsions locatives, un mois après la fin de la trêve hivernale, un collectif rassemblant les associations d’aide aux plus démunis réclame un moratoire sur les expulsions dans les squats et bidonvilles jusqu’au 31 octobre 2021. «On risque d’aller vers des moments très difficiles», a alerté Christophe Robert, délégué général de la fondation Abbé Pierre et porte-parole du CAU (collectif des associations unies), qui rassemble une trentaine d’organisations. «Nous demandons à la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon de réaffirmer auprès des préfets que tout doit être mis en œuvre pour éviter au maximum les expulsions locatives», a-t-il ajouté, préoccupé par la «multiplication des accords» d’expulsion entre les préfectures et les forces de l’ordre.

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À ce jour, quelque 30.000 ménages locataires et 20.000 habitants de lieux de vie informels (squats et bidonvilles) «risquent potentiellement de perdre leur logement ou leur abri dans les semaines et mois à venir», a alerté le CAU. Depuis le 1er juin, date de la fin de la trêve hivernale, le collectif a identifié une soixante de ménages ayant reçu une notification d’expulsion locative. «Nous avons également recensé une centaine d’expulsions dans les lieux de vie informels depuis un mois à Paris et en Île-de-France. Pour eux, c’est retour à l’errance», déplore Lila Cherief, coordinatrice de l’Observatoire des expulsions de lieux de vie informels qui s’inquiète des méthodes souvent employées. «De plus en plus de menaces et d’intimidations policières ont été recensées et détruisent le travail réalisé pour sortir ces personnes vulnérables des squats et bidonvilles».

Face à cette situation, les associations plaident pour une application stricte des instructions ministérielles, prévoyant que toute expulsion soit assortie d’une proposition de relogement ou d’hébergement. Ce qui empêche généralement les propriétaires de récupérer rapidement leur logement. Pour y remédier, le gouvernement a annoncé une augmentation de 20 millions d’euros du fonds d’indemnisation. Un montant jugé trop faible par les représentants des propriétaires dont la plupart déplorent que ces indemnités ne soient pas versées plus rapidement.

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Par ailleurs, 30 millions d’euros supplémentaires ont été alloués aux fonds de solidarité logement (FSL) des départements, destinés à financer des aides pour prévenir les impayés. Mais les associations regrettent que ces fonds soient «peu connus» et «différents d’un département à l’autre». «Nous réclamons par ailleurs que les critères d’admission soient élargis. Ce que, pour l’instant, les départements ont toujours refusé», regrette Christophe Robert.

La CAU a toutefois «salué» les efforts du gouvernement en matière de politique d’hébergement depuis le début de la crise sanitaire. «Une majorité de personnes ont été hébergées et ont pu se stabiliser dans leur hébergement sur cette période et c’est une satisfaction très forte», a souligné Florent Guéguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). Fin mai, le gouvernement avait annoncé qu’il gardait ouvertes jusqu’à fin mars 2022 les 43.000 places d’hébergement d’urgence créées depuis le premier confinement.

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