Économie Chine

Endetté à hauteur de 260 milliards d’euros, le deuxième promoteur du pays est sommé de céder des actifs. Pour l’heure, il n’y parvient pas.

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Le siège d’Evergrande à Hongkong, le 6 août 2021. Le siège d’Evergrande à Hongkong, le 6 août 2021.

Au-delà d’un certain niveau d’endettement, dit-on, ce n’est plus le débiteur qui se tracasse, mais ses créanciers. Avec près de 1 970 milliards de yuans (environ 260 milliards d’euros) de dettes, il est loisible de penser qu’Evergrande, le deuxième promoteur immobilier chinois, est entré dans cette catégorie. Cela fait plusieurs mois que les investisseurs nourrissent des craintes à propos de la folie des grandeurs de cette société privée qui, durant des années, les a tant fait rêver.

L’histoire semble s’accélérer. Le 5 août, la principale agence de notation financière, Standard & Poor’s, a dégradé la note de l’entreprise, la classant dans les « actions spéculatives ». Selon l’agence Bloomberg, des créanciers auraient demandé le « remboursement immédiat » de leurs créances. Sans doute des trusts gérant discrètement la fortune de très riches particuliers. Fin 2019, dernière année où les chiffres ont été publiés, ils détenaient 40 % de la dette du mastodonte coté à la Bourse de Hongkong.

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Evergrande, qui doit rembourser environ 35 milliards d’euros dans les douze mois, a dû reconnaître, à la fin du mois d’août, qu’il aurait du mal à faire face à ses échéances s’il ne parvenait pas à lever du cash, céder certains actifs ou relancer son activité. Fin 2020, ses réserves financières correspondaient à peu près à la moitié de ce qu’il allait avoir à rembourser au cours de l’année suivante. Or, 2021 a mal démarré : ses profits ont reculé de 29 % au premier semestre.

Tractations avec Xiaomi 

Jusqu’alors, Evergrande avait toujours honoré ses dettes à l’égard des marchés financiers. En revanche, fournisseurs et sous-traitants ne pouvaient pas en dire autant, ce qui a provoqué l’arrêt de certains chantiers. La dégradation de sa note par l’agence de notation chinoise China Chengxin International, fin août, a aggravé la situation puisqu’elle empêche désormais l’entreprise d’utiliser en Chine ses obligations comme garantie pour ses opérations de refinancement, aggravant la chute de la valeur de ces mêmes obligations.

Lundi 6 septembre, c’était au tour de l’agence Moody’s d’abaisser la note du groupe et de ses filiales en raison de « la faiblesse des perspectives d’indemnisation des créanciers d’Evergrande en cas de défaut », selon un communiqué. Mardi, la troisième grande agence de notation internationale, Fitch, a emboîté le pas de ses consœurs. Depuis début 2021, l’action Evergrande a perdu plus de 75 % de sa valeur. Le cours de l’action a ainsi été ramené à son niveau de 2015 et de ses obligations, notamment celles remboursables en 2023.

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