Le bâtiment devrait créer 60.000 emplois cette année

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Publié le 14 sept. 2021 à 13:19

Premier employeur privé de France, le bâtiment reflète le paradoxe actuel de l'économie nationale : il devrait créer 60.000 emplois cette année comparé à 2019 mais avec une activité en recul de 5 %, selon les prévisions de la fédération française du bâtiment (FFB), qui pointe du doigt, entre autres facteurs, une croissance bridée par les tensions sur les matériaux de construction.

Après une année 2020 globalement stable en termes d'emplois, comme tous les acteurs économiques, la FFB s'attendait à ce que le Covid soit une bombe à retardement et prévoyait en décembre 2020 la perte de 50.000 emplois en 2021. C'est l'inverse qui s'est produit.

Boom des maisons

Au premier semestre, le secteur a créé 68.500 emplois salariés comparé à la même période en 2019 malgré une baisse de 6,3 % de l'activité. « Nous sommes probablement aujourd'hui en sureffectifs mais les carnets de commandes sont pleins », a expliqué le président de la FFB Olivier Salleron en présentant les perspectives du secteur.

Le bâtiment est soumis à des mouvements contraires. D'un côté il est tiré par le fort redressement du marché des maisons neuves. « La dynamique du logement neuf individuel est la très belle surprise de l'année », souligne Olivier Salleron. Sur les sept premiers mois de 2021, les permis des maisons individuelles se sont envolés de 16 % comparé à 2019. Par ailleurs, la rénovation énergétique progresse enfin comparé à 2019 sous l'effet de MaPrimeRénov'.

Peur sur la ville

Reste le problème des logements collectifs neufs, où les permis de construire baissent de 6 % sur sept mois comparé à 2019. C'est « Peur sur la ville », résume la FFB en relevant que « cette crise du collectif s'avère limitée aux grandes agglomérations ». Les octrois de permis de construire des logements collectifs baissent en effet de 11 % en zones urbaines tendues (A, Abis et B1), alors qu'ils progressent de 21 % ailleurs en France.

« Le déclin des logements collectifs dans les grandes villes a commencé en 2018 avec le mot d'ordre de sobriété foncière, et aujourd'hui certaines équipes municipales écolo-extrémistes mettent beaucoup de freins », commente Olivier Salleron en notant que malgré la lutte contre l'artificialisation des sols, « dans les zones plus rurales les permis ont été donnés » et que vu le mal-logement en ville « la crise sociale peut arriver à n'importe quel moment ».

Prix des maisons en hausse

L'autre marché du neuf problématique est le non résidentiel. « On constate avec inquiétude que tous les segments du marché continuent de fortement reculer sur deux ans, y compris la commande publique », commente la FFB.

Ca coince aussi côté matériaux . La FFB ne croit pas que la flambée du prix des matériaux va se calmer. « Les pénuries et tensions perdurent, y compris pour le bois, et le pic des prix n'a pas encore été atteint pour certains matériaux comme le PVC », juge Olivier Salleron. Ces tensions se répercuteront inévitablement sur le prix des logements neufs. A ce stade, « les constructeurs nous disent que la hausse moyenne à laquelle s'attendre en 2021 du fait de la flambée des matériaux est de 7 % pour le prix des maisons individuelles neuves », indique le patron de la FFB.

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