La fintech Revolut se mue en agence de voyages

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Publié le 6 sept. 2021 à 8:48

Revolut repousse les frontières de la banque. La star européenne des fintech, qui compte plus de 16 millions de clients dans le monde , va lancer dans les tout prochains jours en France une nouvelle fonctionnalité, Stays, permettant de réserver des chambres d'hôtel, des appartements ou des gîtes directement depuis son application.

Ce produit, disponible au Royaume-Uni depuis fin juillet, et qui sera distribué dans le reste de l'Europe puis aux Etats-Unis, représente la première incursion de la fintech britannique hors de l'univers bancaire. Il illustre surtout ses ambitions de devenir une « super app », sur le modèle des chinois Tencent et Alibaba, dont la palette de services n'a cessé de s'élargir au fil des ans, les rendant incontournables pour leurs clients.

Stays sera disponible pour tous les clients de la néobanque et donnera accès à un choix d'environ 700.000 lieux de résidence. La recherche, la réservation et le paiement se feront directement depuis l'application Revolut, sans avoir à sortir du système. Et la start-up garantit à ses clients jusqu'à 10 % de « cashback » sur le montant de leurs réservations.

Source de profits

Pour la fintech créée en 2015, et déjà valorisée 33 milliards de dollars , c'est en quelque sorte un retour aux sources. Revolut a construit son succès en lançant des cartes de paiement gratuites qui permettaient de payer sans frais un peu partout en Europe. Elle a depuis étoffé son offre avec des comptes courants, du transfert d'argent, de l'épargne ou encore de l'assurance.

« L'objectif, c'est de répondre aux besoins de nos clients. Après 18 mois de restrictions et de confinements, nous voulions leur offrir les meilleures conditions de voyage possible », commente Marsel Nikaj, responsable du département épargne et lifestyle chez Revolut. L'offre pourrait bientôt être élargie, avec la possibilité de réserver des billets d'avion et de réserver des voitures à la location, toujours depuis l'application Revolut. De quoi créer quelques sueurs froides chez les spécialistes du secteur.

Pour la fintech britannique, qui détient une licence bancaire en Lituanie, cette diversification est un moyen de recruter de nouveaux clients. Mais c'est aussi une source de profits éventuels. « C'est une activité où les marges peuvent être importantes, surtout si l'on concentre tous les services et produits sur une seule et même plateforme, et nous sommes ravis d'en redistribuer une partie en cashback », explique Marsel Nikaj.

Diversification nécessaire

Après six ans d'existence, Revolut ne dégage toujours pas de bénéfices avec ses seules activités financières. L'an dernier, ses pertes s'élevaient à 201 millions de livres sterling (234 millions d'euros), pour un chiffre d'affaires de 261 millions. « Nous investissons dans les activités où nous identifions des besoins clients, tout en nous assurant de développer des produits rentables. Nous sommes concentrés sur notre viabilité financière », affirme Marsel Nikaj.

L'exploration de nouvelles activités en dehors de la banque n'est pas l'apanage des seules fintech. La respectable Lloyd's, au Royaume-Uni, a ainsi décidé de se lancer dans l'immobilier résidentiel, avec l'ambition de détenir un portefeuille de 10.000 logements. En France, plusieurs caisses du Crédit Agricole ont décidé de se muer en agences immobilières, afin d'enrichir la relation avec le client et générer de nouveaux revenus.

Toutes les initiatives ne sont pas forcément couronnées de succès. Revolut a ainsi décidé d'abandonner l'an dernier son service de conciergerie, jusque-là offert aux clients qui optaient pour la formule la plus chère. La demande n'était visiblement pas au rendez-vous.

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