La Défense enterre le projet des tours jumelles Hermitage

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Suite et fin de l’affaire du projet Hermitage Plaza qui a défrayé la chronique. Le Conseil d’administration de Paris La Défense a décidé à l’unanimité de ne pas approuver le projet de promesse de vente pour la réalisation des tours jumelles, parmi les plus hautes d’Europe, dans le quartier d’affaires de La Défense (Hauts-de-Seine), mené par le promoteur russe Hermitage Plaza. La décision prise le 28 décembre a été rendue publique ce lundi 3 janvier.

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Une lueur d’espoir avait pourtant brillé pour le promoteur russe: un protocole transactionnel avait été signé par la société Hermitage et par Paris La Défense le 24 mars 2021 à l’issue d’une procédure de médiation conduite sous l’égide du tribunal judiciaire de Nanterre. Ce protocole mettait un terme aux différends antérieurs entre les parties, et prévoyait leurs obligations respectives en vue de favoriser la réalisation du projet.

Une «absence de garanties financières et techniques»

Mais, «la situation ne permettait pas de conclure de promesses de vente avec la société Hermitage dans des conditions acceptables pour l’établissement public, eu égard notamment à l’absence de garanties financières et techniques fournies par le porteur de projet», assure l’aménageur du quartier d’affaires Paris La Défense, après une réunion du Conseil d’administration le 28 décembre.

Ce bras de fer ne date pas d’aujourd’hui: Paris La Défense avait soldé ses comptes en 2019, ne voyant pas les travaux avancer. L’aménageur réclamait à Hermitage une indemnité de 30 millions d’euros pour compenser l’immobilisation du terrain et du volume à construire. De son côté, le groupe Hermitage affirmait qu’il ne verserait cette somme qu’une fois la promesse de vente signée, comme le prévoit, selon lui, l’accord signé en 2010 entre les deux parties. Ce qu’avait démenti Paris La Défense qui n’entretenait plus aucune relation contractuelle avec le promoteur russe.

Un feuilleton judiciaire

Le projet pharaonique de deux tours jumelles dessinées par l’architecte Sir Norman Foster et lancé en 2007, devait accueillir des bureaux, des appartements, des surfaces commerciales ainsi que des restaurants et bars panoramiques, un hôtel de luxe et une galerie d’art, pour un coût total estimé à près de 3 milliards d’euros. Une saga judiciaire sans fin a entouré ce projet, qui a connu une dizaine de procédures devant plusieurs juridictions civiles et administratives. Les groupes Axa et Allianz avaient notamment contesté le permis de construire des tours, délivré par le maire de Courbevoie et qui impliquait la démolition de bâtiments dont ils étaient copropriétaires mais le Conseil d’État avait rejeté leur recours, en 2018. Quelques années plus tard, le projet est définitivement enterré.

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