Immobilier : à 49 minutes de TGV de Paris, Vendôme surchauffe

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Avec l’arrivée d’acquéreurs venus de la capitale pour s’installer ou profiter d’une résidence secondaire, le marché immobilier tourne à plein régime à Vendôme et aux alentours. Les belles maisons en vente se font plus rares. Les prix grimpent.

Le marché immobilier à Vendôme (Loir-et-Cher) est plus dynamique que jamais. « Nous avions auparavant près de 150 biens en vente à l’étude en moyenne, aujourd’hui c’est à peine si nous en avons une quarantaine », témoigne David Lecompte, notaire dans la ville.

Située entre Le Mans et Orléans, Vendôme est accessible en 49 minutes depuis la gare Montparnasse. De quoi inciter les Parisiens adeptes du télétravail à revoir leur lieu d’habitation… « Environ 60 % de nos clients viennent de la capitale », estime Douglas Hanna, directeur d’une agence Stéphane Plaza Immobilier.

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Une partie se tourne vers les maisons bourgeoises en pierre de tuffeau du centre, à moins de vingt minutes en voiture de la gare, pour des prix allant jusqu’à 600 000 euros pour des biens d’exception. Mais une partie des acquéreurs cherchent aussi désormais ici leur résidence secondaire et trouve leur bonheur plutôt dans les communes voisines.

A moins d’un quart d’heure en voiture de la gare TGV, on y déniche de belles longères avec 1 500 m² de jardin, pour des prix généralement compris entre 130 000 euros et 250 000 euros.

Depuis le premier confinement, au printemps 2020, la demande est supérieure à l’offre. Résultat, si les prix étaient jadis relativement stables (– 0,4 % sur cinq ans, selon les Notaires de France), ils sont désormais en forte hausse.

« En un an, ils ont augmenté de 10 % à 20 %, à Vendôme et dans les environs, selon les types de biens, observe M. Hanna. Ce qui affecte fortement les primo-accédants vendômois : avec un budget de 170 000 euros, ils ne trouvent plus rien dans le centre. » Une évolution confirmée par les notaires, qui rapportent une hausse de 10 % sur un an, tous biens confondus.

Marges de négociation anéanties

Selon MeilleursAgents, le mètre carré se vend en moyenne 1 494 euros pour une maison à Vendôme. Sur le terrain, la réalité est contrastée.

« Vous en trouvez encore quelques-unes aux alentours de 150 000 euros, détaille M. Lecompte, mais hors du centre, d’une superficie de 80 m² à 90 m², avec 600 m² de terrain et des travaux. » Dans le centre, en revanche, « les maisons en bon état avec du caractère ne se vendent pas sous les 400 000 euros ; elles sont plus grandes, avec 180 m² à 200 m² de surface habitable et 800 m² de terrain. »

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Les grands appartements sont aussi très populaires. « La pénurie touche surtout les logements dans les immeubles avec ascenseur, on les vend dans la journée », confie Corinne Cook, directrice de l’agence ORPI Vendôme. Le prix moyen au mètre carré des appartements est d’ailleurs à peine inférieur à celui des maisons (1 420 euros, selon MeilleursAgents).

La pression sur le marché anéantit les marges de négociation. « Avant, les acheteurs pouvaient obtenir un rabais de 5 % sur le prix de vente, aujourd’hui tout se vend au prix, en une journée. Si vous hésitez, le bien vous passe sous le nez. En quinze ans de métier dans cette ville, je n’avais jamais vu ça », s’étonne M. Lecompte.

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Dans le neuf aussi, la pénurie se fait sentir. Faute de foncier disponible, les programmes sont rares et les logements en cours de commercialisation se comptent sur les doigts d’une main. « On trouvera davantage d’offres vers la fin 2022 », anticipe toutefois Eric-Emmanuel Rettgen, président de la société de promotion immobilière In Situ. « Les prix en centre-ville pour les programmes haut de gamme avoisinent les 3 300 euros/m². Ce sont essentiellement des logements de trois ou quatre pièces ou des maisons de ville. »

Les opérations les plus abordables dans le neuf se négocient sous les 3 000 euros/m². Des prix qui attirent certains investisseurs, malgré l’absence dans la ville de dispositif fiscal d’investissement locatif, comme le Pinel.

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Si, dans le neuf, la rentabilité locative atteint les 4 % brut, c’est dans l’ancien que les investisseurs y gagnent surtout, avec une rentabilité brute moyenne estimée à 7,8 % par MeilleursAgents. Le marché locatif est dynamique, surtout pour les maisons. « Ces biens trouvent preneur en une journée pour un loyer moyen de 700 euros si la maison a trois chambres », rapporte M. Hanna.

Ludovic Clerima

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