Conseils de pro pour détecter les locataires fraudeurs ou mauvais payeurs

Il y a 1 semaine 28

Travailler pendant 15 ans dans des sociétés de crédit à la consommation, cela aiguise la sensibilité au risque de fraude et d’impayés. Une tournure d’esprit qui a poussé Laurent Kocinski à cofonder la start-up Meelo, installée à Lille. Elle propose actuellement à des entreprises (en attendant un développement destiné aux particuliers) de mettre en œuvre des systèmes technologiques recourant notamment à l’intelligence artificielle et à l’open data pour débusquer les «mauvais» clients. «Il s’agit pour nous de nous assurer que le client est bien celui qu’il prétend être avant de procéder à un scoring pour établir son niveau de risque et enfin de vérifier la fiabilité des données qu’il a transmises», précise le dirigeant.

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Selon ce professionnel, dans le secteur de l’immobilier, la tentation est grande pour les candidats locataires d’embellir la vérité surtout s’ils recherchent un logement en zone tendue où la concurrence est rude pour séduire les propriétaires. Fausse fiche de paie, faux profils ou situations personnelles, fausse adresse pour la caution, fausse pièce d’identité, faux avis d’imposition, fausses attestations employeurs, etc… d’après une étude récente, pas moins de deux dossiers de location sur trois comporteraient au moins un document frauduleux. «Le but n’est pas d’exclure tout le monde, rappelle Laurent Kocinski, mais plutôt de faire ses choix en connaissance de cause. Et notre intervention montre souvent que ce ne sont pas forcément de plus hauts revenus qui garantissent plus de sécurité et de meilleurs payeurs.»

Vérifier la cohérence du salaire avec les retenues

Une part non négligeable de la fraude concerne le «maquillage» de fiches de paie et de déclaration de revenus. Le spécialiste conseille de s’assurer qu’il n’y a pas de changement de typographie ou de taille de caractère, défaut courant des mauvais faussaires. Les plus matheux peuvent faire des vérifications sur les retenues sur salaires: lorsque le salaire a été gonflé numériquement, il est rare que les charges soient modifiées, d’où des incohérences. Quant aux feuilles d’impôts, il suffit de se rendre sur le service de vérification des avis muni du numéro fiscal et de la référence de l’avis pour s’assurer que ce sont de vrais documents. «Les outils disponibles en ligne sont de vraies tentations pour se créer de faux papiers, de fausses fiches de paie, etc, on trouve sur Instagram des tutos pour apprendre à frauder, déplore Laurent Kocinski. Cela se banalise d’autant plus que cette triche n’expose pas à de trop graves sanctions, créant un sentiment d’impunité, sans oublier ceux qui jouent les Robin de bois, estimant qu’il n’y a rien de mal à frauder face à de «riches» propriétaires.»

Quant à en savoir plus sur son futur locataire et sa façon d’être, les sources les plus intéressantes restent Facebook et LinkedIn «qui livrent beaucoup d’informations de qualité». Sans oublier le bon vieux téléphone. «On s’assure que l’entreprise censée employer le candidat existe bien et l’on récupère quelques informations. Ce n’est pas une solution magique, c’est notamment compliqué dans une grande entreprise de récupérer des informations précises mais cela reste globalement une valeur sûre.» Enfin, dernier conseil de bon sens: penser à publier son annonce sur le réseau, le site qui a la meilleure réputation.

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