Ces agents immobiliers qui s’inquiètent d’une future pénurie de logements

Il y a 3 semaines 44

Si le marché immobilier a envoyé bon nombre de signaux positifs ces derniers mois, prouvant sa résilience face à la crise sanitaire, tout n’est pas rose pour autant. Lors de son dernier point d’étape du premier semestre, la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) en a ainsi profité pour tirer la sonnette d’alarme. Selon son président, Jean-Marc Torrollion, le pays pourrait bien se diriger vers une pénurie de logements.

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Les agents immobiliers notent, en effet, une forte baisse de l’offre de logements à vendre. Selon les chiffres collectés auprès des principaux portails Internet, cette offre a baissé de 26% à travers la France ces six derniers mois. À Paris, la chute est très limitée (-3%) mais elle atteint 27% dans les villes moyennes et même 32% en zone rurale. Et ce qui est sûr, c’est que si l’ancien ne se porte pas bien, ce n’est pas le neuf qui pourra venir à sa rescousse. La construction neuve ne donne toujours aucun signe de redressement depuis la chute amorcée en 2017.

Face à ce sérieux problème d’offre, la Fnaim estime que les signaux «rassurants» retenus par certains ne représentent rien de solide. C’est notamment le cas du retour supposé de nombreuses locations touristiques (locations Airbnb) sur le marché classique de la location longue. Un tel mouvement a incontestablement eu lieu, occasionnant notamment des baisses sensibles de loyer, bien plus nettes que celle que l’on peut attribuer à l’encadrement. «Mais ce n’est qu’un épiphénomène, souligne Jean-Marc Torrollion. Dès janvier 2021, le nombre d’annonces Airbnb avait retrouvé des niveaux supérieurs de 2,5% à ceux qu’ils étaient avant la crise.»

Selon lui, le phénomène pourrait même aller en s’accroissant dans la mesure où les locations touristiques ne nécessitent pas de permis de louer et s’affranchissent de l’encadrement des loyers ou même des critères de décence du logement qui interdiront bientôt de louer des passoires thermiques. «Je crains qu’Airbnb ne devienne le refuge de tous les propriétaires qui ne voudront ou ne pourront pas faire de rénovation énergétique», précise le président de la Fnaim.

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Le «mythe» des investisseurs institutionnels

Et le retour des investisseurs institutionnels sur lesquels misent les pouvoirs publics pour prendre le relais des investisseurs privés? Là encore, ce serait un «mythe», selon la Fnaim. L’organisation rappelle que fin 2019, le poids du résidentiel ne dépassait pas 0,7% des actifs des investisseurs institutionnels, soit 22 milliards d’euros (il était encore de 5,8% en 1984). Dans ces conditions, profitant du calendrier électoral qui se rapproche, la Fnaim en appelle aux pouvoirs publics pour lancer enfin la création d’un statut de bailleur privé locatif, qu’elle appelle de ses vœux depuis des années.

Ce fameux statut prendrait notamment en compte l’amortissement d’un bien immobilier comme c’est le cas pour les meublés et cet amortissement pourrait être modulé selon les visées sociales du logement concerné. Car selon l’organisation, la réflexion sur l’offre de logements ne peut se limiter aux logements sociaux ou intermédiaires. L’investissement locatif privé restera incontournable. Par ailleurs, l’accompagnement financier des bailleurs sera incontournable, notamment avec des mécanismes fiscaux, pour assurer une rénovation énergétique performante du parc immobilier existant.

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