Pour fuir les trafiquants de drogue, des retraités s’installent dans une cabane

Il y a 4 jours 16

Le trafic de drogue est un vrai fléau dans l’immobilier. De plus en plus d’habitants vivent un calvaire. Les derniers en date? Un couple de retraités vivant à Audincourt, dans le Doubs (25). Tout est parti d’une simple remontrance de leur part à l’égard de jeunes filles d’une quinzaine d’années qui fumaient un joint dans le hall d’un immeuble de quatre étages. Quelques jours plus tard, Jacques retrouve sa camionnette incendiée... C’est le délit de trop. Depuis trois mois, l’ambiance s’est «dégradée», racontent les retraités. La faute à des «individus extérieurs» à la copropriété qui ont transformé l’entrée de l’immeuble en QG pour revendre leur drogue. «L’insécurité était telle que j’en ai perdu le sommeil», désespère Antoinette, 80 ans, citée par L’Est Républicain qui a révélé l’histoire.

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Locataires depuis une trentaine d’années, ils ont décidé de plier bagage et de s’installer dans un endroit plus calme. Direction la campagne. Comme beaucoup de Français en ce moment, mais pour des raisons plus anxiogènes. Jacques, 75 ans, cultive des carottes et des betteraves, élève des poules et entretient des arbres fruitiers sur une parcelle de 3000 m². Et leur nouveau logement? Une cabane alimentée en eau et en électricité, qu’il a construite, à l’abri des regards. À l’origine, elle devait abriter les outils et les semences. Au final, c’est le couple qui y logera. Une demeure provisoire, en attendant de trouver mieux.

Un immeuble fui par les occupants

Jacques et Antoinette ne sont pas les seuls à vouloir fuir cet immeuble devenu un repaire de trafiquants. L’un des occupants, qui était sur le point de déménager, a même vu la porte de son logement défoncée et des squatteurs s’y installer. Un risque que Jacques et Antoinette courent également mais, pour eux, l’urgent était de s’éloigner de ce «climat toxique». Même s’ils continuent à payer le loyer d’un appartement qu’ils ont déserté. Le gestionnaire de l’immeuble a été mis au courant par le gardien qui fait office de médiateur. Alerté également, le maire d’Audincourt, petite ville d’une dizaine de milliers d’habitants, a prévenu la police.

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Plusieurs mairies ont décidé de frapper fort contre le trafic de drogue dans les copropriétés. C’est le cas notamment de Nice qui, désormais, avec le concours de la Justice, de la police et du principal bailleur social de la ville qui a modifié son règlement de copropriété, peut expulser des locataires de HLM pour trafic de drogue. À l’instar d’une mère dont le fils a été condamné pour un tel délit. Car les propriétaires ne sont pas les seuls à devoir respecter une «jouissance paisible» des logements. Les locataires aussi, comme le prévoit la loi. Sauf que dans le cas d’Audincourt, les personnes mises en cause peuvent aussi être extérieures à la copropriété.

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