Décès de Bernard Tapie: que va devenir son hôtel particulier parisien?

Il y a 1 mois 86

C’est au 52, rue des Saints-Pères, dans le 7e arrondissement de Paris, que Bernard Tapie s’est éteint dimanche dernier. Plusieurs dizaines de personnes se sont déplacées devant le domicile parisien de l’homme aux mille vies pour lui rendre hommage et déposer des fleurs (voir la vidéo en illustration principale). En plein cœur de Saint-Germain-des-Prés, l’hôtel de Cavoye, construit en 1640, a été acquis en 1986 par Bernard Tapie comme résidence principale pour 100 millions de francs (l’équivalent de 26 millions d’euros de l’époque).

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Inscrite au titre des monuments historiques depuis le 8 juin 1949, cette demeure est devenue un symbole des déboires de l’homme d’affaires parisien. En 1994, l’hôtel particulier d’environ 600 m², qui comprend trois bâtiments en «U», une cour d’honneur pavée et un très beau jardin de 885 m², avait fait l’objet d’une saisie immobilière au cœur de l’été (voir la photo ci-dessous). Malgré ces déboires judiciaires, la résidence est restée dans les mains de Bernard Tapie qui a souhaité s’en séparer en 2008. En vain. L’an dernier, une riche Canadienne aurait déposé une offre qui n’avait finalement pas abouti, selon Mediapart.

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La saisie de l’hôtel particulier parisien de Bernard Tapie en 1994 (et ci-dessous) Crédit Photo : GEORGES BENDRIHEM/AFP Crédit Photo : GEORGES BENDRIHEM/AFP

Depuis quelques mois, l’hôtel de Cavoye ne lui appartenait pourtant plus. Cet été, François Pinault, cinquième fortune française (41,5 milliards d’euros selon Challenges) aurait déposé une offre de rachat de 80 millions d’euros au tribunal de Bobigny, avait révélé en juin Le Canard Enchaîné. Un accord aurait été passé entre les deux hommes, laissant à Bernard Tapie six mois pour quitter les lieux, selon l’hebdomadaire satirique. La somme aurait été récupérée immédiatement par les liquidateurs judiciaires des sociétés de Bernard Tapie qui doit plus de 400 millions d’euros à l’État. Le média avait précisé que François Pinault ne souhaitait pas déloger trop rapidement l’ancien protégé de François Mitterrand. Voilà pourquoi l’entrepreneur déchu a pu continuer de séjourner dans l’hôtel de la rue des Saints-Pères jusqu’à sa mort.

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Outre cet hôtel particulier, Bernard Tapie était également propriétaire d’une villa à Saint-Tropez (voir ci-dessous), baptisée la Mandala et estimée entre 50 et 70 millions d’euros mais aussi une maison à Combs-la-Ville, en Seine-et-Marne, Le Moulin du Breuil qui vaudrait 10 millions. Une demeure qu’il n’hésitait pas à rejoindre depuis Paris à... vélo malgré sa grave maladie, raconte le magazine VSD. Sans compter les biens immobiliers achetés au nom de sa femme Dominique: un hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine (92) acquis plus de 15 millions d’euros en 2012, un appartement de 213 m² toujours à Neuilly acheté 2,6 millions d’euros en 2010, une maison à Asnières-sur-Seine (92) pour laquelle ils ont déboursé un peu plus d’un million d’euros en 2008 ou encore un appartement à Marseille d’une valeur de 270.000 euros en 2009. Au total, l’ensemble du patrimoine (immobilier et le reste) est estimé à environ 300 millions d’euros. En décembre prochain, la femme et les quatre enfants de Bernard Tapie sauront si ce patrimoine est liquidé ou pas et s’ils doivent ou pas en accepter la succession.

La Mandala, la villa tropézienne des Tapie. Crédit Photo : JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET/AFP
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