À Sao Paulo, on peut télétravailler dans un transat sur une plage aménagée

Il y a 1 semaine 22

Après 18 mois de pandémie, Sao Paulo respire. On peut y travailler sur des terrasses surplombant les avenues de la métropole, près de «plages» ou de cafés aménagés en hauteur, ou à côté de son enfant qui fait la sieste. Le coworking, flexible et collaboratif, révolutionne le monde de travail dans la capitale économique du Brésil, qui fut une pionnière et compte aujourd’hui le plus grand nombre d’espaces du pays, environ 200.

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Depuis la pandémie, il n’y est plus l’apanage des start-up de la tech. «40% de nos entreprises sont conventionnelles, cabinets d’avocats, de consultants ou d’audit», explique Fernando Bottura, le patron en jeans et baskets de GoWork, l’une des premières compagnies de coworking de Sao Paulo, avec 14 espaces sur 32.000 m2. «Nous avons une hausse de 300% des demandes de devis de grandes entreprises traditionnelles comme des compagnies d’engrais ou du plastique pour l’année» par rapport à 2019, se félicite-t-il. La tendance dans la ville tropicale, c’est «de plus en plus d’espaces en extérieur, avec des terrasses» et «ça n’a plus de sens pour personne de louer un bureau».

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Terrain de basket, pelouse synthétique

Sur la «plage» de sable aménagée sur une vaste terrasse cernée de gratte-ciel au-dessus de la célèbre avenue Paulista (voir ci-dessous), des jeunes femmes travaillent sur leur ordinateur, protégées du soleil par des parasols. Autres privilégiés dans une métropole qui compte par ailleurs ses bataillons de travailleurs précaires et de miséreux, des employés en chemise blanche font une pause un peu plus loin en jouant au basket sur un mini-terrain entouré d’une pelouse verte synthétique.

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Crédit Photo : MIGUEL SCHINCARIOL/AFP

Mateus Santos, un commercial en marketing numérique de 25 ans, chemise en jean, bras tatoués et barbe soignée, s’épanouit dans le coworking. Les employés ne viennent pas ici tous les jours, ce qui garantit «autant la flexibilité» qu’une bonne productivité, assure-t-il. Et même si l’on ne tombe toujours pas le masque anti-Covid dans les 6000 m2 de l’espace où passent 1500 employés chaque jour, le coworking favorise les interactions entre les individus et les sociétés, après les longs mois d’isolement.

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Dans le quartier de Pinheiros (à l’ouest de Sao Paulo), Danieli Junco, 41 ans, a créé en 2019, B2Mamy, un espace «pro-famille» de coworking de femmes venues de l’industrie pharmaceutique. Dans le local de plus de 500 m2 à la décoration acidulée, des messages militants sur les murs: «Entre être mère et chef d’entreprise, choisis les deux». Des enfants zigzaguent entre les tables où leurs parents travaillent en visioconférence sur leur ordinateur. On a «des espaces pour les adultes, pour les enfants, un hub d’innovation, des cours, du speed dating pour les entreprises». Le prix? 1000 reais (160 euros) par an seulement pour un espace «très collaboratif», explique Danieli Junco.

Crédit Photo : MIGUEL SCHINCARIOL/AFP

Jessica Ulliam Ferrari Rua, 36 ans, dirigeante d’une entreprise du numérique, est l’une des quelque 60 femmes qui fréquentent chaque jour ce coworking où les enfants sont pris en charge par des assistantes maternelles. Allongée sur un matelas, elle caresse les cheveux de son fils de 3 ans, Luca, lové contre elle. «Il vient me chercher pour dormir», explique la cheffe d’entreprise, «il sait que c’est son moment, je m’allonge 10 minutes avec lui et après je me remets» à l’ordinateur.

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Et la concentration? «C’est un soulagement pour une mère et ça me permet tout de même de faire mon travail», répond-elle. Pendant la pandémie, alors que les écoles sont restées fermées d’interminables mois, B2Mamy a même permis à Thais Alcantara, 37 ans, de «totalement alphabétiser» ses jumelles de 5 ans, Paola et Bianca. Le coworking n’est pas «une mode passagère», pour le site coworkingBrasil.org car «les espaces prolifèrent d’année en année». Au Brésil, leur nombre a sextuplé de 2015 à 2019, à près de 1500.

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