A Paris, l'immeuble Freedom se veut le symbole de la mutation des bureaux du tertiaire

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Publié le 30 sept. 2021 à 16:48Mis à jour le 30 sept. 2021 à 16:51

Décloisonner les espaces de travail, au profit de la coopération. Le concept n'est pas nouveau , mais le cabinet d'architecture PCA-Stream a su le réinventer avec la restructuration de l'immeuble Freedom, à deux pas de la porte Maillot, à Paris. L'enjeu majeur de cette rénovation se porte sur l'agrandissement des bureaux des années soixante, à l'architecture étriquée. « L'immeuble était une barre assez fine. Pour gagner en épaisseur, nous avons créé un ventre, comme une vague sur la face sud » commente l'architecte Philippe Chiambaretta. Les travaux, qui ont permis de gagner 1.700 m2, ont été financés par AXA et ont duré plus de deux ans, d'août 2018 à la fin de l'année 2020. Pour gagner quelques m2 supplémentaires, l'architecte a invité la lumière naturelle à l'intérieur : les larges fenêtres et cloisons vitrées offrent une vue à presque 360°. La démarcation entre les différentes salles est ainsi aussi floue que celle avec l'extérieur et les balcons, végétalisés, semble prolonger les bureaux sur les toits de Paris.

La rénovation de l'immeuble a su séduire l'entreprise Murex et ses 1.000 salariés, spécialisée dans l'édition de logiciels destinés au marché des capitaux, qui a posé ses valises en janvier 2021 aux portes de Paris. « Pour accompagner la nouvelle organisation du groupe, nos locaux ont dû s'adapter. Il nous faut provoquer un brassage, permettre aux collaborateurs d'échanger facilement » précise Jean-Gabriel Eddé, directeur général du groupe. Salles de réunion, terrasses, et tisaneries accueillent ainsi autant d'entretiens formels que de rencontres décontractées.

Entre ville et bois

Telle une muraille séparant la capitale du bois de Boulogne, l'immeuble se dresse sur huit étages. Au sommet, une coursive borde les derniers bureaux. Ce passage, étrangement calme malgré le périphérique en contrebas, semble imiter un chemin de ronde duquel les salariés de Murex peuvent guetter l'ouest parisien, à perte de vue. Côté sud, « chaque étage a son balcon filant, où des plantes grimpantes cassent les codes traditionnels du tertiaire. On se croirait dans un immeuble résidentiel » compare Cedric Martenot, chef de projet. La façade, mais également la zone de livraison, volontairement cachée au sous-sol, ou encore le jardin luxuriant qui l'a remplacé facilitent l'intégration du bâtiment dans le quartier résidentiel.

Préserver ses têtes

L'enjeu de cet emménagement est de taille pour l'entreprise Murex, qui cherche à tout prix à garder les chasseurs de têtes à bonne distance. Douches, jardins, cuisines et terrasses : tout est fait pour accueillir les salariés dans les meilleures conditions. « Les jeunes générations n'ont plus les mêmes ambitions lorsqu'il s'agit de la fidélité à une boîte, il nous fallait donc nous préoccuper du bien-être au travail, pour qu'ils restent. Les résultats sont d'ailleurs là » commente Jean-Gabriel Eddé, en faisant allusion à la faible rotation d'effectif de l'entreprise et au classement Glassdoor des meilleurs employeurs, où elle apparaît en 4e position.

La restructuration se veut également écoresponsable, et s'inscrit dans la mutation déjà amorcée de la Porte Maillot , où les mobilités douces seront mises à l'honneur. Comme sur la place, les vélos ont remplacé les voitures au sous-sol du bâtiment. 80 places de parking - soit trois fois moins qu'avant les travaux - subsistent à côté d'un large local à vélo. Selon l'architecte, Philippe Chiambaretta « cet immeuble va être le symbole de la réécriture de l'Axe majeur, entre la Défense et les Champs-Elysées. »

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